En 2026, j'ai fait un jeu vidéo avec mon fils. Ça part de lui : ses dessins, son lore, son envie de jouer à telle ou telle chose. Moi, je suis venu avec ma réflexion de game design, la retouche de ses images, et la musique. Et puis il y a le code — et là, j'ai fait un choix précis : je l'ai fait générer par l'IA, en la pilotant, pour apprendre le JavaScript et le HTML au passage. Un terrain assez loin de mon métier de data engineer pour que ce soit un vrai apprentissage, pas une redite.
Le partage du travail n'a jamais été flou dans ma tête. Le lore, les dessins, la musique, les bruitages, le game design : entièrement nous, mon fils et moi. L'architecture du code et les choix techniques : décidés par moi. L'IA : elle exécute. Elle implémente ce que je lui demande, selon les directives que je pose — jamais l'inverse. Je n'ai jamais eu la tentation de lui faire générer le game design, le graphisme ou la musique. Ce n'est pas une question de principe abstrait, c'est que je n'en avais tout simplement pas envie : c'est la partie qui m'intéresse, et qui intéresse mon fils.
Le jeu est volontairement léger : un jeu dans le navigateur, sans installation, une expérience de 5 à 10 minutes. Ça limite ce qu'on peut implémenter — pas de moteur 3D, pas de gros calculs, pas de dépendance lourde. Mais ça permet à tous nos amis d'y jouer directement, sans se soucier de leur machine. C'est une contrainte assumée, pas une excuse : je préfère un petit jeu que tout le monde peut ouvrir à un gros jeu que personne n'installe.
Ce qui m'a frappé en le faisant, c'est que le résultat est plein de choses cassées. Pas cassées à cause du code — le code fonctionne, il fait ce qu'on lui a demandé. Cassées dans le fait main : une transition maladroite, un dessin d'enfant qui déborde du cadre qu'on lui a bricolé, un bruitage un peu trop fort par endroits. Et ces choses cassées, je les trouve belles. Si j'avais laissé faire — si j'avais demandé à l'IA de générer le design, les images, la musique en plus du code — ça aurait été standard, propre, cohérent. Ça aurait été du slop. Alors que là, ce qui est raté est raté d'une façon qui vient de nous, pas d'une moyenne statistique de ce qui marche bien.
Ça me ramène à une question que je n'ai pas tranchée : est-ce que c'est de l'IA, ou est-ce une œuvre ? Je n'ai pas de réponse propre et définitive. Ce que je sais, c'est que ce petit jeu montre quelque chose d'humain, manette en main — le lore de mon fils, mes choix de game design, nos maladresses assumées — et que le code généré n'est qu'un moyen d'y arriver, pas le contenu lui-même. Je ne sais pas si ça suffit à répondre à la question pour tout le monde. Pour ce projet-là, en tout cas, ça me suffit à moi.
Le jeu est jouable directement dans le navigateur, sans rien installer : mia.adventures.free.fr.