Le point de départ, c'est une réflexion sur ce qui se passe en ce moment : les croisements de données, la centralisation d'internet, la donnée ingérée par des IA ou des cookies sans qu'on la voie passer. J'ai eu envie de faire un site à moi qui reprenne la main sur mes propres données et sur ce que je veux en dire.
Ça m'a ramené loin en arrière. Mes premiers sites, je les faisais avec l'outil de création de site d'Apple, en gérant le FTP chez Free. Je n'étais pas développeur, mais j'arrivais bon an mal an à faire ce que je voulais — même si le résultat n'était pas toujours des plus pertinent. Plus tard, en formation à l'ENI, j'ai découvert WordPress (que je ne connaissais que de nom) et fait du PHP avec Symfony. J'ai gardé ça en tête depuis : un jour, je referais des sites.
Devenu développeur, j'ai fini par délaisser les interfaces graphiques pour mieux gérer le versionning. Les plateformes WordPress, où on accède à l'admin en quelques secondes, c'est pratique à l'usage — la sécurité y est in fine correctement gérée dans le fonctionnement du CMS, mais c'est un point sur lequel il faut rester vigilant en permanence. Pareil pour les bases de données, pratiques pour l'autogénération de contenu. Je préfère consacrer mon énergie au fond et à la forme plutôt qu'à une veille sécurité supplémentaire, en plus de celle que je fais déjà tous les jours pour mon travail. En prenant la main avec les IA, je me suis dit que faire des sites statiques — sans interface, sans DB, sans rien qu'un contenu visible — était bien mieux : le framework devient des agents qui construisent un contenu statique cohérent, facilement modifiable, et l'approche agentique me permet de vérifier chaque diff git de fichier .md ou de page HTML pour m'assurer que tout est bon.
D'où ce site : un mini portfolio pour parler de moi et poser ma présence en ligne telle que je l'entends — une partie musique, une partie plus CV, une partie jeu vidéo, une partie blog avec du contenu RSS. C'est simple, je maîtrise ce que je veux. Je ne cherche pas à le monétiser ni à faire de la pub, ça existe déjà ailleurs. Que ce soit des IA ou des connaissances, ils trouveront ce qu'ils veulent y voir et en feront ce qu'ils veulent. Pas besoin de commentaires ni d'algo pour me montrer.
J'ai suivi la logique de certains principes IA qui fonctionnent chez moi, et que les personnes que je forme sur le sujet apprécient. J'ai fait mon petit dossier sur mon Mac, ouvert dans VS Code, et commencé à préparer Claude à une architecture où tous les fichiers .md vivent dans le repo — puis j'ai transformé le dossier en dépôt git, et c'est parti.
Première phase : le brainstorm. Une journée entière à mettre à plat mes idées, du brut, avec l'IA qui pose une question dès qu'elle a un doute sur ce que je dis — paramétré par moi dans le fichier d'instructions. J'ai vu le brainstorm se structurer et grandir tout seul. Un autre point que j'ai bien aimé : à un moment, faire des agents spécialisés — une personne RH pour m'aider à préparer ma partie CV, un spécialiste SEO pour les balises et la qualité HTML, un spécialiste sécurité pour vérifier que je n'utilise pas de JavaScript limite ou que je n'expose pas une donnée meta non voulue.
J'ai construit le site sans domaine ni hébergement, en local, avec le chat en mode agent qui construit. Je vérifiais étape après étape, commit après commit, avec de la recherche web pour que mes agents récupèrent de l'info fraîche dans leur petit cerveau de contexte. J'avançais, je les questionnais sur la qualité du site, je corrigeais, je m'améliorais, j'apprenais des choses au passage.
Puis est venu le moment de me lancer : domaine et hébergement. J'ai choisi Infomaniak, par alignement idéologique et parce qu'ils sont européens. Même en connaissant les termes et le fonctionnement du net, j'ai un peu galéré — mais aidé par la recherche IA, j'ai réussi à suivre les interfaces, à m'y retrouver, à faire la sécurité, les comptes utilisateurs, tous différents et bien chiffrés, sans jamais les donner à Claude.
Et me voilà avec un site à mon nom qui suit ma logique, avec quelques conseils d'agents spécialisés sur mes points faibles. Des scripts pour déployer, des scripts pour la maintenance. Ça fait vingt ans que je voulais faire ça, et je suis content que ça existe. Le faire en deux jours avec l'IA, c'est fou — ça confirme mes choix agentiques.